Homosexualité : Jann Halexander a «détesté profondément le Gabon» | Gabonreview.com


 

Chanteur, acteur et réalisateur franco-gabonais, Aurélien Makosso-Akendengué (Jann Halexander de son nom d’artiste) a récemment participé à l’initiative Rosa Project sur les réseaux sociaux à la faveur duquel il a évoqué sa détestation de la société gabonaise qui, selon lui, joue à l’excès la virilité et manie parfaitement l’hypocrisie, notamment à l’égard de l’homosexualité et particulièrement de la communauté LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transexuels).

Jann Halexander en mai 2021, en France. © Twitter personnel

 

Les souvenirs que Jann Halexander garde du Gabon sont loin d’être les plus agréables de sa vie. L’ayant quitté en 2000 après son baccalauréat, le chanteur, acteur et réalisateur franco-gabonais de 38 ans a gardé un goût plutôt amer de son pays d’origine. «J’ai vraiment détesté profondément le Gabon pendant plusieurs années. Je l’ai détesté très tôt. Je n’aimais pas la société gabonaise, l’hypocrisie gabonaise, le côté excessif, la virilité jouée : tu es un homme, tu aimes le bleu ; tu es une femme, tu aimes le rose», a-t-il récemment confié au collectif artistique et militant Rosa Project dans le cadre d’une série de portraits diffusés sur les réseaux sociaux.

Bisexuel engagé ayant rédigé, en novembre 2019, une tribune pour dénoncer la pénalisation au Gabon des rapports entre personnes de même sexe, le petit-neveu du chanteur Pierre-Claver Akendengué raconte avoir difficilement vécu une situation difficile pendant ses années lycée, particulièrement à Libreville «où tout le monde se connait». Ce ne sera qu’à son retour à Angers, en France, il y a une vingtaine d’années qu’il a découvert la liberté de vivre sa différence sexuelle. «J’avais l’impression de revenir à une normalité, parce qu’on revenait dans un pays où les communautés LGBT étaient respectées, à mon sens. Pour moi, c’était complètement fascinant», confie-t-il.

Soulagement en 2020, mais une dent contre l’opposition gabonaise

Si Jann Halexander a moins détesté le Gabon à la suite de la réforme du Code pénal qui dépénalisait en juin 2020 l’homosexualité, il garde toutefois une mauvaise image de l’opposition gabonaise à cette époque, d’autant que le sujet avait fortement été politisé, avec une opposition farouchement contre. «L’opposition a montré son visage le plus sale à ce moment-là. Lorsque le gouvernement a dépénalisé l’homosexualité, l’opposition s’est révélée vraiment cynique et malsaine. Les opposants ont voulu encourager les gens à manifester dans la rue», regrette-t-il.

Près d’un an après la dépénalisation de l’homosexualité au Gabon, l’artiste franco-gabonais estime sa colère s’est quelque peu apaisée, d’autant qu’un dialogue et une «prise de conscience» semblent avoir commencé et que la communauté LGBT est désormais reconnue pour ce qu’elle est… pas un groupe de «monstres» comme tentent de le démontrer certains, y compris dans son pays d’origine. «On est visible. Il faut compter avec nous», lance-t-il.

«Maintenant que la dépénalisation a effectivement été votée au Gabon, j’espère que ça restera comme ça, même quand il y aura un changement de gouvernement, souhaite-t-il. J’espère qu’il n’y aura pas de démagogie de la part d’un nouveau gouvernement qui décidera à nouveau de faire des LGBT des bouc-émissaires de service.» 

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